Etang de l'Or sous surveillance

Par Stéphane Parys | publié le 2/03/2015 à 00h00

Parmis les missions du SYMBO,
(Syndicat Mixte du Bassin de l'Or)
la surveillance des eaux de l’Étang de l’Or est vraisemblablement la plus attendue par les professionnels. Chaque mois, les contrôles sont rendus publics et transmis aux organismes compétents dont l’Ifremer.
La teneur en sel et l’oxygènation de l’étang font partie des paramètres relevés et suivis.
Nous avons donc pu, un matin de janvier, participer à cette sortie de contrôle mensuelle.

Il faut environ 3 h pour effectuer les 5 points de contrôle répartis sur l’Etang et de bonnes conditions météorologiques pour être le plus précis possible.
À chaque point le contrôle, il faut vérifier les taux de salinité, d’oxygénation, de conductivité, d’activité biologique et de teneur en phytoplanctons et les profondeurs (entre 0,40 m et 1,30 m, en fonction notamment des accumulations de coquillages). Ces données sont ensuite enregistrées, analysées et diffusées.
Outre les gestionnaires institutionnels de l’étang, les pêcheurs professionnels sont très attentifs à ces relevés.
La salinité naturelle est le résultat, en partie, de l’évaporation en période chaude, du manque de précipitations et des remontées d’eau de mer dues à l’effet des courants et des vents. Ces entrées d’eaux marines peuvent être régulées au niveau du grau principal à Carnon, en cas de hausse importante, par un barrage à sel (utilisé en moyenne 600 heures/an).
On peut remarquer également que le Canal du Rhône à Sète ne permet pas d’évacuer les eaux salées de l’Etang.
Mais il ne faut pas considérer la salinité uniquement comme une nuisance car elle permet la reproduction de certaines espèces. Prenons l’exemple du Bassin de Thau, bien plus salé que l’Or et qui demeure une référence en terme d’équillibre biologique.
En fait tout le problème est de savoir ce que l’on attend de l’Etang. Les intérêts sont autant différents qu’il y a d’intervenants.
Mais la constante incontournable est et reste : Quels efforts sommes nous tous prêts à faire pour stopper sa pollution?

La salinité, la teneur en phytoplanctons et l’oxygénation sont des données capitales. En fonction de leurs taux, elles font varier la nature même de l’étang.
Les impacts s’avèrent multiples sur les espèces sous marines, poissons, plantes algues...et donc sur la pêche mais aussi sur les oiseaux, très sensibles à ces variations et pouvant déserter la zone. Les chasseurs sont à ce titre des sentinelles attentives.
Les éleveurs (manadiers) ressentent également les changements de la composition de l’eau.
Considéré comme «réacteur à phytoplanctons» l’Étang de l’Or est reconnu pour sa pollution importante.
Les causes, diverses, ont comme origine les déversements du bassin versant.

Trois sont identifées :

1. Les stations d’épurations ne répondent plus aux normes actuelles ou fonctionnent en sous capacité.
2. Les ruissellements urbains (pluies, nettoyage, vidanges...) se chargent en hydrocarbures et autres pollutions de surface (l’apport étant amplifié lors de fortes pluies et inondations).
3. Les pesticides et autres produits utilisés en agriculture apportent phosphates et nitrates.
Les attentes en termes de plans ou d’actions sur l’étang varient en fonction des besoins de chacun, qu’ils soient chasseurs, éleveurs, pêcheurs, associations, organismes de protection d’État, collectivités, acteurs économiques... et les arbitrages sont complexes.
Nous vous informerons régulièrement des décisions prises pour l’avenir de l’Étang de l’Or.

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